La gestion des dunes par l’ONF

 

 

La dune domaniale d'Aquitaine : un élément original et majeur du territoire Aquitain

    

C’est un véritable corridor écologique quasi continu, reconnu par la Trame verte, à peine interrompu par la passe du Bassin d’Arcachon. La forêt dunaire, insérée entre la plage rectiligne et le chapelet des étangs d’arrière-dune, constitue incontestablement un patrimoine exceptionnel, paysage identitaire de l’Aquitaine. Ses valeurs et fonctions sociales sont multiples : historiques, culturelles, économiques  et écologiques.

La région forestière des dunes littorales des landes de Gascogne, façade atlantique sableuse d’aquitaine, constitue une bande dunaire de 230 km de long sur 5 km de large en moyenne. Cette région naturelle est boisée à plus de 82% avec 96.000 ha de forêts de pin maritime. Les forêts des dunes littorales occupent une place à part dans le massif des Landes de Gascogne, car elles sont, entre autres, publiques à plus de 60%, à majorité domaniales. De même, 82 % du linéaire dunaire est constitué de dunes et forêts domaniales, une originalité en comparaison du reste du littoral national. Cette maîtrise foncière publique unique est un atout qui permet de conduire depuis plus de 150 ans une politique cohérente et intégrée du littoral dunaire aquitain au service de l’intérêt général (cf. histoire et gestion des dunes domaniales en bas de page).

 

Vers une gestion multifonctionnelle des dunes domaniales d'Aquitaine

En vertu des travaux du Grenelle de l'environnement, la préservation renforcée de la biodiversité et la production accrue de bois, comme éco-matériau et source d’énergie renouvelable, sont au coeur des choix stratégiques de l’ONF pour la gestion durable et multifonctionnelle des forêts domaniales du littoral aquitain.

Durable car la gestion d’aujourd’hui vise à préserver la capacité du massif dunaire à satisfaire les fonctions écologiques, économiques et sociales qui sont pertinentes, aujourd’hui et demain, notamment dans le cadre des changements climatiques  en cours.

Multifonctionnel car le massif dunaire a vocation à répondre à de nombreux services écosystémiques tels qu’ils sont définis par l’UICN :

  1. Services culturels :
  • la fonction sociale et récréative du massif (paysage et accueil du public),

  1. Services de supports :
  • la protection de la biodiversité et des fonctionnalités écologiques,
  • la prévention des risques naturels (érosion marine et éolienne),

  1. Services d’approvisionnements :
  • la production ligneuse (bois d’oeuvre, bois d’industrie, bois-énergie),
  • Maintien de la ressource génétique

 [video:http://www.dailymotion.com/video/xufbsl_la-gestion-durable-dans-les-fore...

 

Dans ce massif dunaire, les enjeux attachés à ces trois services sont concomitamment souvent forts. Tout l’art du gestionnaire ONF repose sur la prise en compte des différentes fonctions et sur la recherche d’un subtil équilibre entre ces différents usages et ceci, en étant à l’écoute de la société et de ses évolutions.

 Pour en savoir plus :

 

Le contrôle souple des dunes littorales de la côte atlantique : une mission d’intérêt général qui allie protection des territoires, réponse aux attentes sociales et conservation des écosystèmes

      

   

L’Office national des forêts gère une grande partie du littoral métropolitain français : 510 km recouvrant 104 000 ha. L’ONF assure aussi la préservation de 810 km de côtes outre-mer, à La Réunion, en Martinique et Guadeloupe et en Guyane, ces espaces comprennent d’importantes mangroves (78 000 ha).

 La principale intervention de l’ONF, en métropole, concerne les dunes domaniales de la côte atlantique (320 km). La plus grande partie de ces dunes fut fixée par boisement à base de Pin maritime au XIXème siècle. Cependant, la dune bordière non boisée garde toujours une certaine mobilité sous l’action de la mer et du vent, parfois aggravée par la fréquentation.Dans le cadre du contrat Etat-ONF-FNCOFOR 2012-2016,  une Mission d’Intérêt Général de contrôle de l’érosion éolienne est confiée à l’ONF sur le littoral domanial.

Avec l’évolution des attentes sociales et de la connaissance des processus de dynamique côtière, l’éventail des objectifs et des fonctions s’est élargi :

  • protection des forêts et de l’arrière pays contre l’ensablement,
  • conservation d’un patrimoine biologique et paysager rare et original,
  • stockage du sédiment au plus près de sa source,
  • paysage apprécié et attractif, facteur de développement touristique,
  • milieu d’étude des processus dynamiques et indicateur de tendances évolutives…

 

Les travaux de maintien des dunes littorales s’appuient sur une connaissance fine des situations locales et s’inscrivent dans la logique des processus naturels. Il s’agit d’un contrôle souple.

La volonté de conserver des écosystèmes typiques, fonctionnels et diversifiés implique :

  • le maintien des processus naturels qui contribuent à la genèse et au fonctionnement des dunes, notamment un certain degré de mobilité,
  • l’exclusion des reboisements de dunes grises et de toute introduction d’espèces exogènes,
  • un usage très limité des remodelages mécaniques…

 L’objectif de protection de l’arrière pays requiert cependant une modération de l’érosion éolienne pour éviter une remise en mouvement généralisée du système risquant de menacer les biens et les personnes.

 Remplir efficacement un rôle d’amortisseur de l’érosion marine nécessite le maintien de la solidarité transverse entre dune et plage. En effet, la dynamique dunaire est dépendante de la dynamique marine qu'elle peut influencer à son tour. Une partie de l’alimentation sédimentaire des plages est assurée par des prélèvements en pied de dune. Le stockage sableux résultant de l’édification et de l’entretien de la dune bordière est aussi un ouvrage de modération de l'érosion marine.

 Le choix de souplesse implique la possibilité de translation vers l'intérieur des terres en cas d'érosion marine chronique. Ce recul éventuel pourra se faire sans dommages si la largeur des dunes « sauvages » est suffisante, une largeur minimale de 300 et 500 mètres est nécessaire.

 Le contrôle souple est également motivé par un souci de limiter les dépenses. Plus l'écosystème objectif est proche des tendances naturelles, moins l'énergie nécessaire à son maintien est forte, et plus les coûts sont réduits. L’expérience montre que les entretiens réguliers sont nettement moins coûteux que de lourdes restaurations périodiques.

 Avant d’agir, bien préciser les objectifs

 Les choix d’action s’appuient sur un écosystème de référence préalablement défini. Dans la logique du contrôle souple appliqué par l’ONF sur les dunes du littoral atlantique, il correspond à la succession la plus complète possible des faciès écodynamiques. C'est cette mosaïque paysagère, comprenant les différents stades évolutifs, qui donne aux dunes une meilleure résilience face aux perturbations (naturelles ou anthropiques) et qui génère des paysages attractifs et variés.

 Les techniques de base du contrôle dunaire : le génie écologique

 Les savoir-faire de base sont ceux qui permettent de réguler la capacité érosive du vent en réduisant sa vitesse, en facilitant son écoulement et en augmentant la cohésion de la couche superficielle du "sol" dunaire.

 Les techniques les plus répandues sont de quatre types : les couvertures de débris végétaux, les brise-vents, les plantations et les modelages. Dans tous les cas on s'appuie sur la tendance naturelle des obstacles meubles à prendre un profil aérodynamique et on cherche à faciliter la colonisation végétale naturelle. En effet, la couverture végétale - élément fort du patrimoine biologique - est aussi le principal outil de contrôle de la dynamique dunaire et d'évaluation de l'état du milieu.

 

Les couvertures de débris végétaux.. Les deux types les plus répandus sont les couvertures planes de branchages fins (buissons de Genêt, de Bruyère à balais…) étalés manuellement et les couvertures mécaniques de gros branchages (Pin maritime, Chêne vert…). Cette technique crée des conditions favorables à la végétalisation par piégeage de graines, augmentation de la rétention d'eau et apport d'éléments minéraux et organiques.

          

Couvertures de branchage fin en dune mobile (crédit photo : L GOUGUET - ONF)

Les brise-vents. Ce sont des obstacles verticaux de perméabilité et de hauteur variable. Ils réduisent la vitesse du vent à proximité du sol, ce qui limite la déflation et provoque le dépôt du sédiment transporté. Le mode d’implantation le plus efficace est une succession de rideaux parallèles, perpendiculairement aux vents dominants.

        

Brises vents de type ganivelle (crédit photo : L GOUGUET-ONF)

Les plantations. Sur les dunes régulièrement entretenues et ne subissant pas une fréquentation excessive, la dynamique naturelle suffit en général pour assurer une couverture végétale satisfaisante en recouvrement et en diversité. En dehors des chantiers de réhabilitation, les surfaces plantées sont peu étendues.

Le nombre de végétaux utilisés est réduit, la principale espèce est l’Oyat (le Gourbet des aquitains), poacée (graminée) cespiteuse dotée de fortes adaptations au milieu : très grande résistance à l'ensablement par émission de rhizomes et de racines au fur et à mesure de son recouvrement, long et dense réseau racinaire, tolérance au mitraillage et à une salinité modérée...

D'autres végétaux indigènes peuvent être plantés ou semés sur les dunes, des essais fructueux ont été faits avec l'Armoise (Artemisiacampestris), l'Immortelle (Helichrysumstoechas)… Cependant, c’est l'Agropyron (Agropyronjunceum) qui a connu le plus grand développement au cours de la période récente. Cette graminée caractéristique des avant-dunes, très résistante à la salinité, est mieux adaptée que l'Oyat en pied de versant externe des cordons dunaires.

     

Plantation d'Oyats (crédit photo : L Gouguet - ONF)

 Pour en savoir plus :